Ananké l'araignée pose une patte ferme sur sa toile fraîche, la secoue, attend.
Quand la toile s'immobilise, elle observe le résultat. Plus rien ne bouge. Alors elle frotte ses jolies mains velues, lèche ses babines poilues et, avant d'entamer son banquet, ferme un instant ses huit yeux de perle pour lancer son jeu préféré.
Il s'agit d'imaginer et de savourer par avance le goût des vaincus du jour. Abdomens mousseux, ailes croustillantes, mystères poilus, carapaces coriaces mais croquantes, mmmm...
La pêche a été bonne, le filet tendu et gluant comme il faut et le ciel garni de bestioles naïves et bigleuses en tout genre.
Par qui commencer ?  Elle ouvre ses yeux, caresse lentement de chacun d'eux ses proies endormies, ses petits rouleaux de printemps.
Mmmmm.... Soudain, saisis d'une incompressible urgence, ses mandibules et ses crochets s'activent, découpent, déchirent, déchiquettent, aspirent et mastiquent si délicatement cependant que personne, pas même le vent qui frôle les mailles assassines, ne les entend.

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Et comme Ananké n'oublie pas qu'il faut varier son alimentation pour être une araignée en bonne santé, demain, c'est promis, elle fera des sushis.

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Variations enroulées, idée première abandonnée pour impression de déjà vu :

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A toi de jouer, lecteur adoré.

Demain, la Mère Castor tricotera dans la rue ou, en cas de pluie, dans son atelier.