La Mère Castor

des photos et des livres , du conte et du spectacle, des petites animations, tout ce qui passe par la tête de la Mère Castor.

08 novembre 2009

rengaine

Un chemin
Deux promeneurs
Trois poules d'eau cachées
Quatre hérons bougons
Des centaines de couleurs
Un fleuve
Deux promeneurs
Mille branches, un pont
et de l'autre côté
Le village
Perché.

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07 novembre 2009

homme de peu homme de paille

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Epouvantable et mal fringué
L'épouvantail a la vie dure, le ventre mou
Et des trous dans les poches
Fantoche aux habits moches
Le soleil l'assoiffe la pluie le dézingue
Sa cervelle de paille
Par le trou du chapeau
Se barre en morceaux
Ça fait rigoler les corbeaux
Qui se moquent de l'affreux porte-manteau
L'épouvantail qui ne sert plus à rien
A mal aux bras, mal au coeur
Et mal aux manches.

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passage en revue d'épouvantails trouvés à droite à gauche

Voilà qu'à Château Castor on s'épouvantaille
On taille des feuilles
On coud des ailes
On déplie de la neige
On fait tourner la boule
A Château Castor, où déjà des affreux ricanent dans la cave
On prépare la venue d'un p'tit épouvantail
Pour tenir compagnie à l'âne chercheur de chardons et découvreur d'étoile.

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Tu n'as rien compris ?
Normal
Tu es chez Mère Castor
Mille sabords.

Le gâteau cuit, la terrine refroidit
Mère Castor fait pour samedi
Des listes de biscuits :
Tourbillons aux marrons
Spirales dorées
Coussins aux pommes
Oreillers au safran
Et feuilles en chocolat.

Et bienvenue à Jade, née cette semaine, dernier bijou de la famille.

Lecteur perspicace, tu as bien reconnu la girolle, troisième photo en partant du bas dans le précédent billet. Et la fraise des bois.

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04 novembre 2009

indigestion

Sans Alice, Agathe ni Adèle, sans Marianne, Baptiste et Antonin, sans Cathy et Jean Marc, sans Marie, Ana et Stéphane, sans Chantal ni Jean Pierre, sans Jean, sans Olivier, sans Suzon et sans ceux qui viendront ou reviendront un jour
Sans les amis sans la famille
Sans partager les coins secrets
Mère Castor peine à remplir son panier
Mais elle a mis dans la boîte à photos
Les planqués les perchés
Les cracheurs les craquelés les croqués
Les craquelés-croqués et les grands nez
Les modestes et les coquets
Qui se piquent de planter
Une épine comme une plume à leur chapeau
Ceux qui vivent en colonies
les petits les jolis les moisis
Fumeux, toxique ou sulfureux
Et ceux qui singent sur l'arbre couché
Les clous de tapissier.

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Ce n'est pas à gober l'anachronique intruse (il n'y a plus, bonne dame, de saison qui vaille) que nous avons risqué l'indigestion.
Trouve le comestible, facile, lecteur mycologue, et dis-moi si tu connais le nom de ces champignons là.

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02 novembre 2009

Bredouille

Les paniers légers
Balancent, s'aèrent, voient du pays sans trop se fatiguer
Le ciel est bleu, l'air chaud, le sol sec
Dans les forêts, peu ou pas de cueillette
Cependant de l'Auvergne apprécie la première moisson :
Les vivants passent en rayures
Au dessus des morts
Les feuilles font leur cinéma
C'est du drame en Technicolor
Avec des oiseaux, des arbres, des odeurs
Tout l'attirail en somme
De ce bon vieil l'automne.

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Demain, les champignons
Des beaux, des mignons
Des rigolos
Mais de comestibles, pas trop.

Le jeu du jour : Fidel est caché quelque part, mais où ?

Et pour avoir des nouvelles fraîches d'Alice à la Réunion,  c'est.

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24 octobre 2009

fausse alerte

L'événement fut mineur.
De cette petite sonate pour eau grise
Il reste quelques bulles, une ivresse légère
Les arbres lavés portent haut les couleurs du soleil
Le héron roumègue, les canards jubilent
Le champignon sonne la cloche
Une demoiselle pas farouche
Dodeline sur une souche
Fait sa belle
Et pose pour Mère Castor
Les flaques nouvelles
sont de feuilles
de ciel, de lait
et d'or.

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Avec Fidel, ses lecteurs dans la poche, le chat dans la valise et le coeur en vrac, Mère Castor part demain pour quelques jours en Auvergne.
Tu peux toujours suivre en attendant les nouvelles aventures du conte de Noël sur la castorienne.
A bientôt.

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21 octobre 2009

La Vidourlade, ouverture

Un billet sans photos de Vidourle, mais avec culture.

Gros crocodile tapi et gris, Vidourle lampe, lape, grossit
Se gave de l'eau volée par l'été et vomie par l'automne
En écoutant l'opéra dramatique et tapageur de la saison 
Piano
Les entrées maritimes, douce pleuvasse et ciel de souris
Crescendo
L'épisode cévenol où le jour devient comme la nuit
Quand mer et montagne pleurent leurs amours impossibles
Sur le dos luisant et imperméable des canards
Impassibles.

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Moment pédagogique, géographique et folklorique, La Vidourlade, expliquée par Jean Germain :

- Rien n'est comparable à une Vidourlade. Elle est comme le symbole de la pétulence méridionale. Brutale, violente, elle emporte tout sur son passage. Souvent, hélas ! elle est meurtrière pour les humains, malgré l'expérience, malgré les tocsins et le téléphone qui alertent les villes riveraines, malgré les motocyclettes et les bicyclettes qui préviennent les maisons isolées. Sa soudaineté et son ampleur n'ont d'égale que sa courte durée.
« Ce fleuve qui court sur la grève où s'égarait un ruisseau, dit Elisée Reclus, passe avec la puissance 30 et 40 fois la Seine d'été à Paris... Ses trombes ne durent que quelques heures ; il retourne bientôt à son repos qui parfois est presque mort. »
Comment expliquer pareilles trombes ? Le vent du Midi pousse depuis la Méditerranée des nuages noirs et bas ; ces nuages franchissent la plaine côtière surchauffée et viennent buter contre les contreforts montagneux des Cévennes. Le refroidissement est subit, la condensation immédiate, et les nuages fondent littéralement en se vidant à pleins seaux sur la terre. Ces grands abats d'eau sont uniques en France et on les a justement comparés aux pluies torrentielles des Tropiques. Leur chute est si violente et si drue que même les terrains calcaires deviennent imperméables ; il se forme des milliers de ruisseaux qui dévalent à toute allure et bruyamment vers les rivières roulant des masses de pierres et de terre ; et les rivières montent comme des soupes au lait, gonflent comme des ballons de baudruche.

Jean Germain – Sauve, antique et curieuse cité.

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Qui sait quand s'arrêteront les pluies violentes du jour, avant ou après la spectaculaire Vidourlade ?
Tu réclames et pleurniches, tu veux des photos ?
Mère Castor n'est pas imperméable, lecteur, tu attendras comme elle l'accalmie qui fait sortir villageois et  parapluies.

Édition spéciale : "pétulence", c'est bien l'orthographe choisie par Jean Germain dans son livre. Mère Castor, comme Moukmouk (nos commentaires se sont croisés, amusant!) dans son commentaire, aurait plutôt écrit "pétulance".

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19 octobre 2009

dissolution

Va chercher sous la brume légère
Les feuilles croqueuses de caillou
Laisse couler tes larmes ordinaires
Dans les mares buveuses du matin
Chaque flaque est un pot de chagrin
Qui avale et dissous ta peine
A dix sous, à deux balles
Lis sur les feuilles
Le triomphe de la mort
En couleurs
Écoute l'eau les oiseaux
Goûte à la solidarité des arbres
Va prendre un bain de lumière
Et laisse couler au fond du fleuve indifférent
Comme tombe la pierre
Ton chagrin ordinaire.

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Une rumeur court au village :  malgré le ciel bleu, il y a de la vidourlade dans l'air.


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15 octobre 2009

Rosalie, le retour

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Née d'un besoin lointain, au temps où Mère Castor n'existait pas et ne doutait de rien, héroïne de la première histoire de Noël, la bravette a la vie dure et sert encore à l'occasion, avec succès (un succès à la Mère Castor, tout petit).
Samedi elle fera le final de la séance privée organisée pour un anniversaire au village, dans une autre histoire qui fut écrite pour elle, et qui tourne toujours.
Dans l'atelier où elle trône, elle regarde de son oeil peint et narquois l'élucubrationiste vieillissante trimballer ses animaux écaillés, ses pinceaux sales, ses piles de textes froissés, ses boîtes à bêtes, à fleurs, à dînettes, ses meubles d'ours, ses échelles de carton, toutes ses faribimboles.
Elle, Rosalie, vieillit de concert en souriant bêtement de ses dents de peinture.
Tu devrais la refaire, se dit Mère Castor quand l'autre niaise l'a trop regardée de travers. Mais à quoi bon, puisqu'elle sait encore faire la vilaine, taper du pied, lancer des maléfices, gronder le sapin, engueuler le balai de sa voix de mégère.
Un jour viendra elle piaillera pour la dernière fois, avant d'être rendue à la poussière avec ses balais et sa marmite. Elle pourra enfin s'effriter à l'aise, s'écailler, laisser tomber son chapeau de carton, ses pieds de bois, son nez crochu et perdre pour de bon son sourire trop blanc, trop niais, celui du temps des débuts hésitants et maladroits de la faribimboleuse
conteuse
à la gomme.

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Au village la vie va,
Les canards gobent des diamants
Le chat couve le ciel
A la maison ça sent la soupe, le feu de bois, la peinture fraîche, la laine blanche.

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Sur la castorienne, tu comprendras pourquoi la Mère Bavarde manque un peu ces jours-ci de conversation.

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12 octobre 2009

chronique au beurre

Un vernissage avec chanteuse et sans trompettes
Un Vidourle fumeux
Une fille et son chéri de passage
Du soleil du vent du soleil
Aux puces des trouvailles des images
Et des bêtes qui nagent
Dimanche un bébé paisible aux yeux couleur de fleuve
Bleus, gris, verts, toujours vifs et toujours confiants
Et pour finir un atelier marathon de confiture de châtaignes
Avec une bande de jeunes tourneurs de moulins et touilleurs de marmites

(lecteur amnésique, la recette se trouve là, et te sera utile pour la suite)

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Rustique et cévenol, tenant de la bûche plombeuse et de la brique calorifère, voici donc le gâteau de châtaigne, recette jetée à l'oreille de Mère Castor par une amie qui la tenait elle même de quelque cévenol. Le texte qui suit est tiré d'un fascicule à tirage ultra limité (4 exemplaires) réservé aux enfants des Castors, qui contient les recettes les plus familiales, les plus faites et les plus connues du petit cercle de la rue des B.

GÂTEAU AUX CHÂTAIGNES
Faites cuire 1 kg de châtaignes entières dans une grande quantité d’eau jusqu’à ce qu’elles soient souples. (disons  40 minutes).
Coupez-les en deux, videz la pulpe à l’aide d’une (très) petite cuillère.
Passez cette pulpe encore chaude au presse purée, tout en y ajoutant 75 g de beurre doux en petites parcelles et un sirop fait avec 100 g de sucre roux et un peu d’eau.
Tassez le tout dans un moule à cake, c’est le plus facile à démouler. Filmez et placez au frigo quelques heures.
Démoulez sur un plat, nappez de 100 g de chocolat noir fondu au bain marie avec deux cuillères à soupe de crème fraîche.
Placez de nouveau au frais pour faire durcir le chocolat.
A consommer en tranches fines, avec de la crème anglaise, pourquoi pas.
Si vous disposez d’un pot de crème de marrons ou autre confiture de châtaigne, vous pouvez en intercaler une couche au milieu du gâteau au moment de le mettre dans le moule.

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Vois-tu qui fait le boulot à la place de Mère Castor ?
Tu te pinces, tu doutes, tu n'en crois pas tes yeux  ? C'est bien un moulin à légumes électrique, acheté aux Puces d'Anduze, qui soulage l'estropiée du jour de bien des efforts.

Pensées à Joshua, l'enfant charmant aux yeux d'eau qui aujourd'hui a 6 mois, à Elodie, dont on découvre l'activité fermière et pédagogique, et encore merci à Alice et Armelle pour les cadeaux parfumés.

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10 octobre 2009

Bâtons de pluie

Octobre rend aux flaques
Leur quotidien breuvage
Les nuages
Tend aux nuages
Miroirs festonnés à leur image
Les flaques
Octobre rassemble
Les trous l'or la rouille
Plante des escargots des pierres lavées
Les bêtes font la branche les branches blanches
Font la bêtes
Octobre laisse le chasseur
Pétarader dans les buissons
L'oiseau sautille et trille
Les feuilles résistent
Rougissent tombent
Aux Oules écarquillées
Vidourle compte ses os blancs
Et recolle patiemment
A l'eau
Tous ses morceaux.

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Octobre oblige, il se pourrait que demain ou bientôt, la Mère Castor faisant fi des secrets de Polichinelle, le fourbe courbe, te donne la recette de son rustique et merveilleux gâteau aux châtaignes.

Si tu veux.

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