Vert Castor
Bricole pour la Saint Dragon. (le premier tas était fait quand MC est allée, hasard fortuit, visiter la terrible Corinne)
Hélas, comme tu le vois, du dragon il ne reste que la couleur, sans griffes ni écailles ni crachats enflammés et la Mère Dragon/Castor se contentera, vaille que vaille, de tricoter gentiment ses journées.
Telle la ficelle verdâtre qui sert de corps à son personnage, la Mère Castor a extirpé de ses tiroirs un textounet de circonstance. A écailles, lui.
Le chevalier s’est avisé
Qu’un dragon apprivoisé
Serait, pour séduire sa belle
Du meilleur effet
Rapporte ! crie t-il en lançant son épée
Mais le dragon n’est pas joueur
Il est poète et rêveur
Et préfère, noble tâche
Promener la princesse, lui chanter fleurette et
Lui offrir un bouquet de pétales brûlants.
Impressionnée, tremblante, charmée
La belle plonge dans les yeux du lézard
Son regard de gazelle.
Las, la bête énorme vacille, chancelle
Et s’écroule vaincue :
Un incendie d’amour a ravagé son cœur de feu.
Sinon, un peu de travail, beaucoup d'éternuements, pas mal de glandouillage. La routine.
pas de raison
moi aussi je mets des organes dans une boîte (toute comparaison artistique mise à part, heum) :
C'est pour monsieur bonhomme, encore une "construction" pour les petits, le nez rouge c'est pour quand il se prend un coup de bâton, pas pour quand il a bu, déjà qu'on en fait des vertes et des pas mûres dans les contes (n'est-ce pas Madame de K), je ne voudrais pas vous faire fuir pour cause d'immoralité.
moi aussi j'ai des pelotes de laine avec des couleurs trop jolies :
Ce n'est qu'une image, mais une drôlement belle qui fait fichtrement plaisir.
moi aussi je joue avec Juliette Citrouille :
Et aussi j''ai hâte de retrouver le VRAI appareil photo, très hâte.
Grrrrr.
Pique bouc et autres ours
A coup de lettres dramatiques et de sorties culturelles, il ne faudrait pas oublier que tu es chez une authentique tricoteuse de queues de souris, une véridique éventreuse de bouc qui pique du nez, une périodique marmonneuse d’histoires et une piteuse fleuriste amateur. Chez la MC, quoi.
Fleurs dites de dragon, de saison et de circonstance.
Pour raconter des histoires aux tout petits, il faut savoir
Emporter dans une boîte, un panier ou un coffre d’opérette
Tout un petit monde
La pluie, le soleil et la forêt, un château s'il le faut, un pont à trou-trous, une maison pour rire, la girafe douce et l’éléphant gris
Une famille de souris
Il faut savoir tuer le croquemitaine, faire tomber la nuit, la pluie, la neige, meugler, hennir, coqueriquer, chanter même pas très bien, dire des poésies et croire, toujours croire dur comme fer à tout ce que l’on dit.
la célèbrissime
Opération à vif du petit bouc qui pique du nez :
avant (un peu de tenue, que diable)
ouverture à cru, introduction de cailloux dans le fondement, re-couture
petite fronce sur le dos pour relever la tête
après, prêt pour la périlleuse traversée du pont à croquemitaine
Si j’étais une souris, dit la petite boule blanche
Je serais grise
J’aurais deux yeux brillants, deux oreilles rondes, des moustaches en désordre et un museau pointu
Et une longue longue queue rose.
Et toi, tu fais quoi le dimanche ?
A la demande de Sophie, Jean de L’Ours, le teasing.
De son père, il avait la carrure, la force, le corps velu. De sa mère, jeune villageoise enlevée par un ours alors qu’elle était dans les bois, il avait le visage avenant et doux. Né des amours entre l’ours et la demoiselle, nourri de chasse, de baies et de racines, élevé dans une caverne d’où il s’échappera avec sa mère quand, devenu assez fort, il pourra faire tomber la pierre qui la fermait, il s’en va vivre au village où, inspirant la peur et le respect à tout le monde, il apprendra le métier de forgeron avant de partir à l’aventure. En chemin il va rencontrer trois gaillards hors du commun, trois costauds qui deviendront ses acolytes. Ensemble ils s’installent dans un château qui semble abandonné, où un curieux personnage, tombé en morceaux de la cheminée et aussitôt reconstitué viendra chaque soir leur flanquer une peignée, jusqu’à ce que Jean de L’Ours, plus fort et plus malin que ses compagnons, arrive à le soumettre et à lui faire dire ses secrets. Il descendra alors dans un puits au bout duquel il trouvera un château exactement semblable à celui d’en haut, où il délivrera trois princesses et trois coffres à trésor. Puis, lâché par ses compagnons, il ne reviendra sur terre qu’au prix de sa propre chair, arrachée à sa cuisse pour nourrir la vieille aigle blanche qui le remontera lentement à la surface. Enfin il ira récupérer les trésors et les demoiselles, mettra en fuite les trois traîtres et ira retrouver sa mère pour lui présenter son épouse, la plus jeune des princesses, experte en baumes et en lotions pour faire repousser la chair perdue sur les cuisses.
Grosso modo.
C'est vrai, pourquoi s'embêter et s'user la voix à en faire des tonnes quand quelques lignes suffisent. Mince alors.
Et une pensée pour ma dragonnette qui vole par dessus la mer pour aller, veinarde, passer ses vacances au Costa Rica. Les cent et quelque sortes de serpents, les caïmans et autres créatures diaboliques sont priés de ne pas lui faire de mal et de nous la rendre intacte, merci d'avance.
Edition du soir : - A propos de Jean de L'Ours, c'est un conte qui est connu dans un tas de pays où il y a eu des ours, avec de nombreuses variantes de cette histoire d'enfant né d'une union entre un ours et un humain. Lire à propos de l'ours le très savant et passionnant livre de Michel Pastoureau, L'ours, histoire d'un roi déchu, et également Anthologie des ours, d'Emmanuelle Figueras, une somme de textes concernant l'ours.
- A propos de la petite boule blanche, il s'agit d'une série d'albums, j'en ai lu quelques uns qu'on m'avait prêtés il y a des années, depuis je brode sur le thème sans me référer à ces albums que je ne possède pas. C'est un genre d'histoire avec "construction" qui convient bien pour les tout petits. J'ai déjà montré ici le poisson et l'ours, j'ai aussi le mouton, le cochon, et j'en ferai certainement d'autres.
Vous chantiez,
Hier, journée de papier pliés, froissés, tirés, poussés, échangés, distribués
Journée de livres feuilletés
Un jour à accordéons, inspection de dentier et plein de chansons de chansons de chansons.
compagnie les Voisins du Dessus (marionnettes)
le Kamishibaï de la Compagnie Orange de Mars
Fredo et son accordéon

Mais qu’est ce qu’ils ont tous à chanter ?
A la DLL de Nîmes, c’était le forum des animations : quelques compagnies et associations de la région présentent aux bibliothécaires des propositions de spectacles, animations et ateliers.
Pour la Mère Castor, c'est retour aux contes toute. Et fissa.
Dans le désordre, il s'agira de parler d'amour, de dragons, de crêpes, de Jean de L'ours, des trois pommes d'orange, de maisons d'hier et d'aujourd'hui et d'un tas de petits souris. Plus d'autres choses.
L’avant d’avant
En 1943, elle avait 21 ans et démarrait sa longue carrière d’institutrice à Dampierre sur Salon, dans des conditions difficiles. Dans ces lettres trouvées après sa mort, car on fouille après la mort, on déballe, on ressort les choses qui dormaient, on les met sous la lampe, on les dévore, on y cherche la vie, dans ces lettres donc la vie est là, une vie ordinaire, les tickets, les colis de nourriture, la nourriture toujours, le chat qui ronronne sur les genoux, les trafics de pelotes de laine, de pommes de terre, de sel, les tricots, les sabots, la boue, la TSF, la musique qui manque, les élèves pénibles, les collègues, le beau père dont on est sans nouvelles, et cette écriture, ton écriture qui n’a jamais changé.
Toi toute entière, toute neuve, vive, vivante.
Quoi de mieux, larmes séchées, pour alimenter la rubrique
C’était mieux avant et je le prouve (rubrique à tendance réactionnaire) :
Quoi de mieux, dis-moi, toi qui ne parles plus, n’écris plus, toi pour qui je n’ai plus jamais peur, peur que tu aies froid, que tu t’ennuies, peur des cambrioleurs, des accidents de voiture, peur pour ta santé fragile, toi la solide, l’énergique, la définitivement optimiste, peur de te perdre, toi que j’ai perdue et gagnée toute entière par cette perte même, produit fini, rangée dans une boite comme ces lettres envoyées à tes parents restés à Paris, quoi de mieux, maman, que ces deux petits morceaux choisis pour te redonner quelques secondes de vie,
quelle illusion.
Si, mon lecteur, tu prenais quelque plaisir à lire ces extraits, rien ne dit que je n’en publierai pas d’autres, puisque boîte il y a.
Ce billet est dédié à mes sœurs, à mon frère, à mes enfants.
dimanche et moi aussi
Les Puces, Anduze et Saint Christol, matières premières ou secondaires pour faire des trucs, des machins et des cadeaux pour mes dragonnes préférées d'amour.
A propos de puce et si tu ne la connais pas encore, (apprécie ce sens de l'à propos et cette judicieuse transition), va faire un tour de ma part chez la Puce, instructif, amusant, culturel et toujours intéressant.
janvier est le mois de la musique et des amies, merci Rose, merci Marie-Virginie (t'as vu Berthoise, moi aussi)
Enfin, deux images pour dimanche et croix
petit lait
Le cincle le héron l’aigrette
Les canards et la bergeronnette
Les bouvreuils les moineaux
La poule à ras d’eau
Le merle à tire d’aile
Les cormorans en feuilles noires
Vont, chantant plongeant et dessinant des ronds
Echanger la lune qui décline
Contre le soleil engourdi
Qui fait Vidourle en jus d’orange
Arbres songeurs, fumées étranges
Et te pousse
Joues rouges, oreilles étourdies
Vers le village endormi
Quand tes yeux propres, lavés, éblouis
Ont vu du petit lait
Du grand beau
Et en hiver, divers
Les oiseaux.
(et merde aux espaces entre les lignes, ça fait prétentieux, mais ça bloque)
Je lis des livres. Beaucoup de livres dans des styles différents. Comme toi, mon lecteur lecteur, n'est-ce pas. Des choses sérieuses, pour le travail ou pas, et d’autres moins et si j’en parle peu, comme de la musique, c’est parce que … je ne sais pas. C’est privé, en quelque sorte. Bref. En ce moment je lis, entre autres, un livre de Fantasy mal écrit, acheté à un jeune auteur local au village le jour du marché de Noël. C’est mon côté Michka, la bonne action, tout ça. Et la curiosité, le soutien à ceux qui osent et se lancent. Et puis il était sympathique, nous avons parlé de Robin Hobb (je lis de tout, tu vois) qu’il a rencontrée, et son histoire, dans le genre, me plaît bien (n’oublie pas, ami du bon goût, que je me pique aussi de raconter des histoires, alors) Re Bref.
Donc.
Hier, lisant son roman, je suis tombée sur deux petits morceaux réjouissants, deux pépites que j’ai voulu illico partager avec toi :
1 . Le Troll opina du chef.
2 . Sa queue de poisson lui interdisait de monter les marches.
Imagé, délicieux, moi, ça me fait rire, impitoyable je suis. Et toi ?
Cependant je ne me moque pas, et ma sympathie pour le jeune homme reste intacte. Re-Michka.
Et dire qu’on m’arrête dans la rue pour me demander de créer un atelier d’écriture, gloups.
du port du casque et autre bottes, billet à tenue explicative et promotionnelle.
En résumé, il y a celle qui Waouhh (pas encore interprété la signification exacte, tu sais quelquefois d'un département à l'autre déjà les mots articulés n'ont pas le même sens, alors le mystère du waouhh reste entier), ceux qui attendent, celles qui ne savent pas, ceux qui sont tentés, ceux qui cogitent, réfléchissent, se tâtent, relisent un coup ou deux, celles qui signent et celles qui sont mariées (le mari ne lit pas les blogs, hein, dis-moi) les réjouies, les hésitantes, les tâtonneuses et toutes les autres, bref, de quoi remplir à l'aise la galère et s'embarquer (les yeux fermés, même) pour l'aventure.
Mais je dis et répète qu'il ne s'agit pas de signer en lettres de sang un pacte pour l'année, qu'on peut sauter des étapes, jouer une fois et ne jamais revenir, partir trois mois en voyage et puis réapparaître fraîche comme une rose (au hasard) et attraper au vol le pensum du mois en se contrefichant de l'avant et de l'après.
Quant à la façon de faire, c'est comme vous voulez, mais une image ou un texte chaque fin de mois serait agréable, chaque mois augmenté de la partie précédente (s'il y en a une) pour qu'on voit avancer le monstre.
Et sache, lecteur, que la Mère Castor est embarquée au même titre que toi, et qu'à l'heure où elle claviotte ce petit billet, elle n'a pas le bout de la queue de la première idée de ce qu'elle va bien pouvoir faire de ce défi.
Enfin, le mot RACINE, c'était pour poser une base, un début, un point c'est tout.
Information villageoise :
clic pour voir en grand
Sûr et certain, ça sera passionnant et très bien fait.
Dommage, à la même heure je serai occupée (tu sais, quelquefois je raconte à qui veut bien écouter et même on me paye pour ça) et donc je ne le verrai pas.
Hier soir, une générale réjouissante au Cratère : Déjeuner chez Wittgenstein, de Thomas Bernhard, mise en scène de Frédéric Borie, lavage de linge sale entre deux soeurs et un frère, avec vaisselle volante, névroses des familles et caleçons molletonnés, je me suis régalée.
Mention spéciale à Richard Mitou (que nous avions vu et apprécié l'an dernier dans un solo, Radio Clandestine)
C'est tout.
la trempe
Matin frisé immobile
Et blanc
Matin d’arbres buveurs de soleil
Matin à pics à pies à plume
Matin à chauffer la pierre froide sous mes fesses gelées
Matin à tremper mon pinceau dans l’Oule
A faire des pâtés
A rentrer avec un dessin moche
Avec dans la poche
Des images
Les nuages.
Dimanche et trois
dans la Mer des Rochers
sur le bureau
à la sortie de Nîmes
Dimanche en trois pour Dimanche et croix.
Et n'oublie pas le Grand Chantier, lire, relire, avoir peur, dire oui puis non puis oui puis...









































































