11 mai 2008
La vie des autres
Promenade du soir,
Quitter la maison avec le Père Castor sous un ciel de pastel rayé d’hirondelles bruyantes.
Passer le Pont Vieux qui somnole, gardé en dessous par le héron et quelques canards noctambules.
Dépasser la Vabre et ses campings cars blancs et propres : « Le randonneur » « Escapade » «Liberté » Si vous le dites.
Marcher le long de Vidourle le sombre, qui engloutit petit à petit la lumière du jour achevé.
Regarder et voir sur l’autre bord les castors
Un grand et des petits qui nagent, montent sur la berge, redescendent, font leur vie de castors.
Accommoder le regard à la nuit qui arrive, comme deux chats à l’affût
En repérer plus loin un autre sur la berge. Il boit, paisible, et fait des petits bruits qui traversent Vidourle et le chant des oiseaux dans les grands arbres.
Regarder la vie sauvage
Aimer cet instant de bonheur fugace, presque rien.
Retourner sur la Vabre où des campings caristes aux cheveux blancs discutent autour du point d’eau comme autrefois les femmes à la fontaine.
Passer devant les terrasses pleines des restaurants, sous les fenêtres ouvertes, paroles et musiques.
Rentrer à la maison sous un ciel zébré de chauve-souris qui zigzaguent en silence en évitant les murs.
Qu’importe si la photo ne montre presque rien
Qu'importe.
10 mai 2008
Introspection
Dans la tête de la Mère Castor y’a un jardin
Plein d’herbes de fleurs de tas de bois de fouillis de poussière
Avec des trucs et des machins
Dans ce jardin des plates-bandes où elle plante les pensées du moment :
Un coin sombre, caverneux, hanté de chauve souris
Embobinées de légendes à dormir debout
Un coin doux, vert de gris, qui sent bon l’huile d’olive
Où elle plante un noyau, écrit des recettes, empile des contes et bricole un costume
Un carré en peluche un peu doudou,
Qui sent la paille et la peinture, vert d’herbe bleu de ciel rouge de fleur et gris de loup
Le reste c'est
Comme le sommaire d’un journal féminin
Famille, maison, jardin
Ranger, nettoyer, désherber
Arracher les soucis comme des mauvaises herbes
Nourrir les chats et les humains
Enlever sur les livres la poussière du monde
Et chercher dans leurs pages
Des histoires bien huilées d'oiseaux, de moulin et de grottes
Qu'elle replante aussitôt au jardin
Qui fleurit dans sa tête.
Dans la case "huile d'olive" une petite recette
que Mère Castor voudrait distribuer aux "Journées Méditerranéennes de l'Olivier"
à Nîmes, les 24 et 25 mai
à la fin de la séance de conte à l'huile qu'elle animera courageusement, dans une travée des Arènes.
Un dessert de soleil
Le crumble à l’huile d’olive de la Mère Castor
1 pomme ou une poire coupée en dés
Quelques oreillons d’abricots coupés en dés (ou les fruits de votre choix)
Placer les fruits dans un plat beurré allant au four, napper d’une cuillère à soupe de miel liquide.
La pâte à crumble :
3 cuillères à soupe de muesli (peu ou pas sucré)
2 cuillères à soupe de farine
2 cuillères à soupe d’amandes en poudre
2 cuillères à soupe de sucre en poudre
2 cuillères à soupe d’huile d’olive
Dans un saladier, mélanger les ingrédients secs, puis ajouter l’huile d’olive et mélanger du bout des doigts pour obtenir une pâte en miettes.
Répartir sur les fruits.
Cuire 30 minutes au four à 180°.
Ton avis, lecteur curieux et gourmand, sera le bienvenu
08 mai 2008
Lavand'hier
Ce matin, aux Oules
Vidourle est plein, limpide, cristallin
Mère Castor cueille le thym en fleurs
Piste les fourmis bicolores
Suit du regard le ventre orange de l’oiseau bleu
Fait le plein d’images.
S’arrête, fesses sur le rocher et bras au soleil. Regarde.
Ecoute l’eau, les oiseaux, reprend lentement le chemin
Attendant que quelque chose arrive.
Ploc ! Font les grenouilles à son approche.
De loin, une femme du village l’interpelle et lui raconte
En souriant de ses dents de métal
Qu’autrefois elle et les autres femmes venaient ici laver le linge,
En toutes saisons, que l’eau soit gelée ou non.
Elle montre une grande marmite naturelle, une oule, dit :
On remplissait d’eau, on mettait la lessive et le linge à tremper trois heures ;
Puis on frottait, on rinçait dans Vidourle et on mettait à sécher sur les pierres plates.
Elle a plaisir à dire que les draps étaient souples et blancs ;
Elle raconte qu’en 1968, comme tout le monde elle a eu une machine à laver, c’était mieux pour les pantalons des hommes et il y avait les enfants, plus de linge à laver ;
Mais elle ajoute que le linge lavé par Vidourle est plus doux pour les bébés, l’eau est pure, sans calcaire ni javel.
C’est là que Mère Castor, divagant l’autre jour, imaginait Vidourle avec brosse et shampoing lavant les cheveux de l’ondine. Juste là.
Le hasard s’il existe est un sacré blagueur
A moins que…
Allez savoir.
07 mai 2008
Potins
Ça commence comme ça
Au bord d’une mare
Un têtard croise un autre têtard
Tu ne me croiras pas…
Dis toujours !
Vidourle sur sa berge a fait un nid pour les cailloux
Quel fou !
Mais ce n’est pas tout
Le coton blanc posé sur de l’eau claire fait une ombre qui tache le fond de la mare
Quelle histoire !
Mieux encore
La lune, cette imprudente, s’est fait manger par un grand pot
Sornettes et balivernes !
Chez Mère Castor enfin
Quand vient le matin, le soleil dessine des étoiles sur le mur
Quoique né de la dernière averse
Bouche ouverte le têtard
A répondre se prépare
Mais trop tard
Arrive le héron
Clac Clac
Fin de la conversation
Ce mercredi, la balayette et son amie la pelle sont en stage de clown chez Mère Castor
C'est pour jouer à la kitscherie, avec Sab des 400 coups.
06 mai 2008
Ah c’est beau
Madame du Bois
A un cou de boa
Si long si long
Qu’elle a du coup
Au bout de son cou
De boa
La tête en bois
En bas
05 mai 2008
Travail
Qui
Teint des jupons
Peint des pompons
Et passe l’ours
Au savon ?
C’est Mère Castor
Mains violettes
Mains rouges
Mains blanches
Qui barbouille patouille
Et
Débarbouille
04 mai 2008
Courses à dos d’ours
Dimanche matin
Le dos chauffé par le soleil de mai
Mère Castor a craqué pour un tas de bestioles
Une cardeuse à laine et un mignon tampon
Puis, la tête brûlée au soleil de midi
Mère Castor a fondu
Pour les doux yeux d’un ours polaire
Depuis chez les Castors
C'est rangement à fond et chargement pour la déchetterie...
02 mai 2008
premier, mais
Pendant que des amplis
Hurlant sur des danseuses au ventre nu
Attaquaient les oreilles du village en liesse
Que des fleurs aux odeurs enivrantes
éclataient sur les murs
Que dans la rue passaient
Des fillettes sérieuses aux savantes coiffures
Vidourle, loin du bruit
Avec brosses shampoing mousses naturelles
Et rinçage à l'eau douce
S’est fait en chantonnant coiffeur à domicile
Pour redonner aux cheveux de l’ondine
L’éclat des printemps du passé
Avant d’y piquer une fleur nouvelle
Qui porte la couleur
Du sang et de la vie
30 avril 2008
La vie des grottes
Quel est ce tas pendu le long d’une paroi
Tremblotant, vaguement ridicule
Qui lorgne vers le bas, cherchant air et lumière
Est-ce un jambon pendu
Sur sa poutre noircie
Qui sèche, suinte et se bonifie
Avant de terminer sa vie sur une assiette ?
Est-ce une chauve souris abandonnée des siens
Tache noire aux ailes repliées
Aveugle, qui écoute les échos de la grotte
Et tâche d’y trouver quelques voix amicales ?
Non !
Pendant que dans sa gangue brille l’Hérault limpide
Et que des oiseaux noirs tournent au dessus des roches
Mère Castor, harnachée, ampoulée
Les fesses dans le vide, le pied contre le mur
Oubliant par bouffées le terrible vertige
Admire sous la terre des papillons de feu
Danseuses tournoyantes aux ailes bariolées
Tandis que des hommes jeunes aux longues jambes noires
Courent le long des parois
Ils passent par ici, ils repassent par là
Plantant des clous et déroulant des fils
Comme des araignées
Fébriles.
La Via Fantastique est en marche.
Petit poussin hésite à monter sur le dos
De la rampante bête
Mais sssi, susurre le sssinueux
Qui s’amuse et sssifflote
Et ssse moque de lui
Tu peux tu peux, je t’assssure
Je ne ssssuis qu’une vieille chaussssette
Petite fille d’un mouton doux et généreux
Tricotée à la main et mangée par les mites.
C’est mercredi
c’est kitscherie Chez Bliss Cocotte
29 avril 2008
La ronde verte
D’une oreille Mère Castor a écouté tomber
La pluie
La pluie réjouit l’escargot
L’escargot nourrit le hérisson
Le hérisson fournit couvert et abri
A des puces en colonie
Mais si sous les piquants
La puce attaque le hérisson
Il se plaint : Aïe, ça pique !
Tu as bon dos de me le reprocher
Réplique t-elle, du tac au tac
Quand las le hérisson s’arrête et
Lâche une crotte noire
Comme un tas de goudron
La crotte du hérisson
Réjouit la mouche verte
Que gobera l’oiseau à crête
La huppe
Qui pupule et pupute et fait tomber la pluie
Et tout est reparti




































































