Vade retro, lecteur arachnophobe, ce billet n'est pas pour toi.

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Traquée dans les livres comme dans les maisons, on en trouve dans tous les coins, et la voilà, tour à tour scientifique, poussiéreuse ou poétique :

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Apollinaire, ill. Béatrice Alemagna

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Le petit marchand de sable, ill. inconnu

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Contes de la folle Avoine, Léonce Bourliaguet, ill. Jacquement

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Grand-mère arrose la lune, ill. Anastassia Elias

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Tricoti tricota (un album du père castor), ill. Gerda

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Le jardin enchanté de R.L. Stevenson, ill. Ruth Wood

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Les insectes (à la page : les faux insectes), Alain Grée

D'un canevas moche et brouillon, trouvé dans un lot à pas cher, que faire ? (lecteur, tu fais le malin à répondre : Si tu le trouvais moche, fallait pas l'acheter) Mère Castor a choisi l'option copions sans craindre le ridicule  :

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Enfin, pour se venger de ne pas travailler aussi bien que l'araignée, la Mère Gros Doigts a pris :
60 g de pistaches, 60 g d'amandes entières et quelques pétales de roses séchées rapportées d'Inde par Cécile, a réduit tout ça en poudre dans le petit robot, bzzzziiiiiii,  et l'a mélangé à 120 g de sucre glace (on appelle ça du tant pour tant), puis elle a battus 3 blancs d'œufs en neige en ajoutant en cours de battage une belle cuillerée à soupe de sucre en poudre (c'est là que les pattes de l'araignée feraient miracle)
Dans les œufs battus elle a mélangé délicatement les amandes etc. avec une spatule,
Elle en a fait des petits tas sur une plaque garnie de papier sulfurisé avec une cuillère à café, et cuit à four doux doux doux un peu longtemps mais pas trop, en surveillant d'un œil (c'est là que les yeux de la mouche seraient bien utiles) les becquets d'agneau au miel, épices et tamari qui mijotaient dans la cocotte noire.
Ne demande pas combien, le minuteur tout neuf a déjà cassé sa pipe.

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C'est moche, mais ça croque et c'est bon.

Pattue, velue, ventrue, tricoteuse de bottes et grimpeuse à la gouttière, patiemment elle tend dans la petite maison endormie ses scellés invisibles que Mère Castor déchirera un à un, à la fin de l'été, comme pour demander la permission d'entrer, avant d'enlever d'un balai mou et poussiéreux les toiles envahissant les coins, les poutres, le derrière des meubles. Mais c'est toujours l'araignée qui gagne, faisant et refaisant la décoration en donnant au lieu un air de cabane à sorcière, insaisissable, sombre et charmeuse. Qui n'aime pas les araignées n'aimera pas la petite maison.

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