Le matin je m'en vais marcher, marcher vite, telle est la consigne qu'avec Fidel nous respectons à la lettre, mais à laquelle, quand je suis seule, je fais des entorses
Car de mes pieds agités montent parfois des idées qu'il me faut aussitôt -de peur de les voir se perdre à jamais, feuilles mortes parmi les feuilles mortes, sur les chemins- jeter sur le premier papier venu. 
Urgence ! je m'arrête, me pose sur une pierre plus accueillante que les autres - ici elles sont volontiers pointues et peu hospitalières- et, sortant du sac qui me pendouille à l'épaule un sac papier - ceux de l'épicerie - et un stylo, je note illico presto ce qui m'est passé par la tête. (à la relecture le papier finit souvent dans le sac jaune, celui des déchets recyclables, mais c'est une autre histoire).

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L'autre jour, longeant d'un pas rapide un chemin découvert récemment et que j'ai proclamé chemin préféré, j'entends tout près de mon oreille un grognement qui n'est pas celui d'un chien.
Sursaut - transpirante et pleine d'allant j'étais plongée dans des pensées bucoliques à la noix, oh que la nature est belle ah qu'il fait bon se promener toute seule dans les bois tralala- 
Aussitôt, preuve que le bucolique ne vaut rien à la jugeotte, j'ai stupidement fait demi-tour, comme si le sanglier - je n'ai rien vu mais je suppose que c'en était un que je venais de déranger- comme si le sanglier donc - s'il avait voulu me punir par quelque représaille, me courser, par exemple- n'aurait couru après moi que dans le sens de la fin de ma promenade et non pas dans la direction opposée que je venais de prendre. Jugeons qu'il s'en est allé grogner plus loin sans plus se soucier de notre rencontre ratée ni de ma stupidité manifeste de bipède. 
Du coup ma promenade, que j'avais presque terminée, s'est trouvée rallongée de manière considérable, d'un pas plus vif que vif et, tout bucolique évaporé, je n'ai plus considéré ce jour là les buissons que d'un oeil craintif, méfiant voire soupçonneux.
Adieu belles pensées, envolées les envolées scribouillées. Depuis, j'évite le joli chemin préféré, lui en préférant d'autres.
Car la MC est ainsi faite, inconsistante girouette dédaignant du jour au lendemain ce qu'elle avait placé si haut sur l'échelle des sentiers préférés.
On s'en fout, tous les chemins mènent à Rome.

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pacifique rencontre du jour, un chat double face, caressant et ronronnant, aucune raison de faire demi-tour.

En cherchant sur internet, amusement toujours renouvelé, j'ai trouvé que : Pline l'Ancien relate que les "éléphants sont effrayés par le moindre grognement d'un porc" ah tu vois, y'a pas que moi ! et une histoire de chaudron avec potion magique avec des sangliers dessus, si tu vois ce que je veux dire.

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Le chaudron de Gundestrup : à défaut d'aller voir l'original à Copenhague, on peut en voir une copie au musée gallo-romain de Fourvière à Lyon. 

les blogs ? ça se croise ça s'entrecroise
un commentaire ici en suscite un autre là
c'est à n'y rien comprendre à moins de remonter le courant
plus étrange qu'absurde et plus logique qu'il n'y parait
je te parle dans la cuisine tu me réponds au salon mais qu'importe puisque tu me réponds
et c'est pourquoi, ceci expliquant cela, dans les commentaires du billet précédent on parle de Los Angeles et de chevaux
poil au dos.