En guise de feuillage
Les arbres ont coiffé
Des perruques de nuages
Et de fleurs blanches
Ils penchent l’un vers l’autre
Se donnant du marquis et de la marquise
Baisant leurs longues et maigres mains
De branches
Et s’invitant mutuellement
Au grand bal donné par le vent
Cependant qu’en dessous du pont
Des basses œuvres de basse-cour
Ont cours
Les canards ces barbares
Ces fornicateurs à palmes
Pratiquent sans forme ni gants
Tous pour une et une pour tous
Un viol collectif et muet
D’où ils repartiront
Frais comme des gardons
Ri-cancanant :
Adieu marquise à la prochaine !
Ce qui en mots de Barbarie se dit :
Coin coin.
Que voulez-vous, c’est le printemps.

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Je vois les arbres dialoguant deux à deux tels le fauteuil et la bergère, dans l’Enfant et les Sortilèges de Maurice Ravel, que nous écoutions enfants, dimanche soir après le bain, décapés, les cheveux lavés, tirés, brossés et la peau rouge grâce au terrible chauffe-eau nommé Vésuve que je ne lâchais pas des yeux tout le temps de la toilette, fascinée par les flammes qu’il crachait régulièrement comme un petit dragon domestique.

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Mais tu le sais, le canard ne fait que se reproduire à la manière des canards, fussent-ils de Barbarie.
Aujourd'hui le vrai barbare, lui, roule en scooter.

Chez la Castorienne c'est aussi le printemps et le retour de la petite boule blanche.