31 mai 2008
pénitent gris, pénitent noir
Jeudi soir, Adèle et Mère Castor vont au Cratère, scène nationale d'Alès, pour voir ça :
Père Castor, technicien émérite, a été embauché sur ce spectacle où il apparait furtivement sur scène, vêtu d'un long costume noir avec un capuchon. Il est méconnaissable, sauf pour sa petite famille.
Il apporte une chaise (c'est papa ! murmure Adèle) puis va se cacher dans un des éléments du décor, une forme noire en fausses pierres qu'il déplace de l'intérieur.
A un moment du spectacle, il est à cour, face au public, assis derrière trois petits barreaux, sombre silhouette dont on ne voit que les mains. Face à lui, à jardin, une autre forme exactement semblable, qui renferme un de ses collègues.
Vendredi soir, alors que Père Castor est de nouveau sous son capuchon et dans sa cage, Mère Castor, à la maison, lit "Le grand Théâtre de Dieu" de Max Rouquette, un écrivain occitan.
C'est un recueil de nouvelles.
Elle entame ce soir précisément une nouvelle appelée : "Le pénitent noir"
Et elle lit ça :
(La scène se passe à Avignon, dans la chapelle des Pénitents Gris, qu'un ami savant fait visiter au narrateur)
A hauteur donc de la table sainte, il me montra, à droite comme à gauche, et un peu plus haut que la tête des fidèles, deux grilles de bois aux croisillons serrés qui cachaient chacun une loge, et il me conta cette chose extraordinaire (…), voici ce qu’il dit :
« Au temps où le Comtat était encore sous la juridiction du droit pontifical, c’est là que se célébrait la messe des Pénitents noirs. Chez les Pénitents gris -dont cette chapelle est l’église- le condamné à la peine de mort, revêtu de la cagoule noire, était conduit là. Pour qu’il suive la messe basse, on le plaçait dans l’une ce ces loges. Et dans celle d’en face, le juge qui l’avait condamné. Celui-ci avait tout le temps de l’office pour réfléchir encore au verdict qu’il avait prononcé. Il avait la messe entière pour, s’il le voulait, revenir sur la sentence. Si à l’instant de Ite missa est il n’avait rien dit, le condamné était pendu dans l’heure. »
(Plus loin il est dit que le pénitent noir est invisible aux participants de la messe, et que si le juge quitte la messe avant la fin, le claquement de la porte est le signal qui fait commuer la peine. Il est dit aussi que le narrateur, rappelant à son ami cette visite, se voit répondre qu'il se trompe et qu'il ne lui a jamais montré pareille chose. Troublant)
Ce qui est décrit là, hors le fait que Père Castor n'est pas plus condamné à mort que chacun d'entre nous, est l'image qui s'est montrée à ses yeux hier soir, et qui se reproduit à Alès, au moment même ou elle le lit.
Interrogé, Père Castor l'affirme, haut et fort :
Son collègue, assis en face de lui dans l'autre cage, quitte son abri le premier.
Ouf !
Ceci dit, le spectacle est joyeux, burlesque et assez décapant, bien joué, rien d'inoubliable mais le moment est agréable. il sera d'ailleurs au Printemps des Comédiens à Montpellier, si ça vous dit.
Dans une semaine, Père Castor va rejoindre Avignon, comme chaque été depuis quelques années, car il est technicien pour le festival.
Nul doute que Mère Castor quand elle le rejoindra, ira visiter la chapelle des Pénitents Gris. (elle ne connait que la chapelle des Pénitents Blancs)
Frissons garantis.
30 mai 2008
fantaisie pour jour de pluie
Quand il fait gris
Et qu'elle s'ennuie
Mère Castor refait le monde
Avec
Une voiture sans essence, une machine sans moteur, des fleurs sans eau
Un nuage passe et puis un autre, l'escargot est de bonne compagnie
C'est une symphonie pour allumettes, ruban, lapins et bout de ficelle
Tout ça
Pour annoncer la vingtième kitscherie
28 mai 2008
Festival de cane
Marcher, marcher se faire un film
Le long des berges de Vidourle
Travelling
Ça sent la terre, le miel et le chien mouillé
Les arbres essaient de nouvelles coiffures
Le héron gris s’enroue à brailler la triste nouvelle
Zoom zoom
Le canard s’est noyé
Un oignon, quelques baies et de l’eau de rivière
Des pierres en cercle, une gamelle bleue
Illico allumons le feu
Presto inventons la recette
Soupe de cane et vermicelle, effeuillé de fleurs
Baies sauvages en brochettes
Mangeurs de magrets et autres gourmets
Ne pleurez pas la mort du canard
Avec ou sans étiquette, dans l’eau ou en barquette
Une vie de canard
S’achève tôt ou tard
Comme se termine le film, culinaire polar
Avec décors et crime
Qui se déroule
Zoom zoom et travelling
Le long des berges de Vidourle.
Merci à Nino Rota
Qui sa musique joua
Sans couac ni coin coin
Dans les oreilles de Mère Castor
Doucement, alors que la palme
Dort
27 mai 2008
ils sont fous ces romains
Vendredi dernier à Nîmes.
22 mai 2008
A lundi
A Nîmes, sans connection jusqu'à lundi...
trous et blessures
Avancer, traverser, abîmer
Matières et lumière creusent leur route
Le ciel nargue la caverne
Le pot surveille la verdure
L’insecte perce le bois et le fer tranche la peau de l’arbre
Qui gagne à coup de cicatrices le droit de rester là
Droit
Passe la peinture et coule Vidourle qui montre au travers
Des nuages des buissons des poissons
Trous tunnels et gouffres minuscules
Passer, percer
Avancer coûte que coûte
Aller toujours aller
De l’autre côté
A pas de géant
Petite Mère Castor avance dans le temps
Passant de la caverne aux pierres taillées en monument
Du paléolithique à la Gaule romaine
Samedi et dimanche, à Nîmes, dans les Arènes
Tu pourras la trouver avec son grand panier
Ça s’appelle « Peintures à l’huile »
Ça parle ça parle normal ça conte et ça raconte
Il y aura des oiseaux et le grand Jupiter
Une curieuse noce, des malins, des idiots
De l’huile et des gâteaux.
pour tout savoir, c'est là
20 mai 2008
Fantastique
Ce n’est pas un costume c’est une promenade
Dans le fond d’une poche
Ce n’est pas un costume c’est un morceau de paysage
Brodé d’os, cousu de bois et de caillou
Lourd et sonore
Il offre à qui le porte
Un abri sur
Ce n’est pas un costume c’est une auberge
Une tranche de berge
Ni costume ni déguisement
Seconde peau de Mère Castor
Ce n’est pas un costume
C’est une vidourlade.
Il est né dans les mains d'une fée blonde et élastique, Sophie, ainsi que tous les costumes de la Via Fantastique.
Pour en savoir plus sur la Via Fantastique et les belles personnes qui l'organisent, c'est là : vue d' en haut
(pack entreprises, puis pack d'exception)
Sans rapport, quoique, Mère Castor a l'immense honneur d'organiser la prochaine et célèbrissime Kitscherie du mercredi, rendez-vous ce soir.
La kitscherie du mercredi, c'est ici et maintenant :
Il s'agit de réaliser un tableau/paysage uniquement à l'aide de végétaux : légumes, fruits (je sais, c'est hors de prix...) feuilles, fleurs, et bien sur les célèbres et kitschissimes GRAINES.
De quoi retomber illico en enfance.
N'oubliez pas de prévenir sur les commentaires de votre participation, puis de prévenir quand vous avez posté, et d'envoyer la photo kitsch du jour à Charlie Pop (charlie@charlie-pop.com) pour la galerie.
A vos graines...
Pensez à voter, dès ce soir, dans les commentaires.
Enfin, la médaille spéciale Mère Castor pour les gagnantes :
Edit du soir : la gagnante est un gagnant !
C'est Slati (chez Manoulou créations), suivi de Natur'elle et de VM, et je dédie un prix spécial au petit garçon d' Hélène qui n'a pas encore 4 ans mais est déjà très doué.
Slati
Emportez la médaille bien méritée, bravo et merci à tout le monde.
19 mai 2008
Plein
Petits trésors d’un matin
Bouton d’or et rocher d’argent
La promesse d’une fleur
Les songes d’une mare
Une comète, des gommettes
Des roupies de sansonnette
A Mère Castor les mains
Pleines
17 mai 2008
hôtesse d’accueil
Vêtue de cailloux percés, d’os, de chiffon douteux
Coiffée de bois et de mousse
Grimée par l’éclairage tremblotant de loupiotes bricolées
Hissée et rangée telle une sainte dans une niche rocheuse
Il faut à Mère Castor accueillir le bon peuple
Guérir les écrouelles ? Dire la bonne parole ? Rendre la justice ?
Non, Sainte de bazar, Cro-Magnon en toc, elle distribue légendes de fantaisie et lampes frontales :
Ne vous perdez pas, ne prenez pas froid, et gare à l’ours !
Si l’ours est faux, et la légende, et la fourrure
L’os de canard est authentique
Sous la peluche bat le vrai cœur de la vraie Mère Castor
En bas dans leurs costumes de feu les danseuses se déplient, irradiées de lumière, vengeant la grotte à jamais privée de soleil,
flèches de beauté, reines du mouvement, les sirènes des cavernes tournent sans fin, les pieds sur leur trésor.
Au dessus d'elles, cramponnés à la ligne de vie, les spectateurs boivent en silence les images bariolées
avant de retourner à l’air libre où une elfe blonde, moitié feuille moitié muraille, spirale charmante,
achèvera de leur tourner la tête.
Merci à Macha pour la photo
Demain premier départ pour la Via Fantastique.
16 mai 2008
Il faut manger pour vivre
Une Mère Castor taguée par une Grenouille
C'est bien parce que ça parle de nourriture...
principe du tag :
- mettre le lien
de la personne qui a tagué
- mettre le règlement sur son propre blog
- répondre aux 6 questions suivantes :
1 - un aliment ou produit que je n'aime pas du tout
2 - mes 3 aliments favoris
3 - ma recette favorite
4 - ma boisson de prédilection
5 - le plat que je rêve de réaliser et que je n'ai toujours pas fait
6 - mon meilleur souvenir culinaire
- taguer 6 autres personnes à la fin de ce billet en mettant leur lien : le fera qui voudra, par exemple les sœurs Goux, si bien nommées, et leur magnifique blog de cuisine... Pour les autres, c'est vous qui voyez.
Un aliment ou produit pas aimé du tout : Beurk les poumons, la cervelle, le foie, les tripes, le cœur, les rognons les trucs comme ça Beurk on vous dit
3 aliments favoris (pourquoi 3 ?) : Miam la langoustine sablaise, une pomme, un caramel
recette favorite : dans quel sens, celle qu'on aime faire, ou celle qu'on réussit ? : Le gâteau aux châtaignes, rustique en diable mais diablement bon, la pâte à pizza, les pitas, les bagels (ça fait 1 : ça se ressemble) la soupe de Ramadan, recette tirée du livre "La cuisine des ethnologues" : j'aime faire et j'y arrive. (3, et alors ?)
Boisson de prédilection : le thé, du thé fumé quand il y en a, sinon du vert du noir du pas cher, en sachet tant pis. Pas grave. Un verre d'eau c'est bien aussi. Un bon verre de vin, quelquefois (3...)
Le plat qu'on rêve de réaliser : Drôle de rêve. Réussir enfin la paella, peut être. Délicieux souvenir d'enfance, toujours raté depuis...
Meilleur souvenir culinaire : Le Ranquet, une surprise d'anniversaire. Le restaurant chez les Castors c'est rare, et ce repas fut excellent.
Des images : cueillettes et gâteaux, que des trucs qui se mangent
gariguette avant cueillette
Merci les Cévennes
Merci l'Auvergne
Des gâteaux pour ceux qu'on aime
Les bagels d'hier soir
Et un gâteau/poème : Whisky, menthe et café
pour l'Oiseau du Colorado :
L'oiseau du Colorado
Mange du miel et des gâteaux
Du chocolat et des mandarines
Des dragées des nougatines
Des framboises des roudoudous
De la glace et du caramel mou.
L'oiseau du Colorado
Boit du champagne et du sirop
Suc de fraise et lait d'autruche
Jus d'ananas glacé en cruche
Sang de pêche et navet
Whisky menthe et café.
L'oiseau du Colorado
Dans un grand lit fait dodo
Puis il s'envole dans les nuages
Pour regarder les images
Et jouer un bon moment
Avec la pluie et le beau temps.
Robert Desnos.








































































