le matin d'un bon pas je parcours les chemins
Aven, Vache Morte, Mer des Rochers
dans mon sac mouchoirs clé
sécateur, sacs en papier
une feuille et un stylo
parfois le petit appareil photo
je ramasse la plante chasse-diable
je m'arrête. J'écris un poème mirlitontaine mirlitonton
qui parle d'abeille, de mouche et de grillon
je cherche des signes et trouve des cartouches
des barbelés, des chaînes, des cages
dans les buissons une bête - ni pigeon ni tourterelle
qui est-elle ?-
roucoule bas et doux.
Je rentre, mets les plantes à sécher
bois un café
et j'écris ce billet.

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cet arbre bourdonne, bruit, chante et laisse au sol des milliers de petites taches

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Pendant ce temps Fidel, d'un très bon pas, longe les remparts d'Avignon avant d'aller au boulot.
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C'est le bon moment pour cueillir le millepertuis, une des sept plantes sacrées de la Saint Jean, dite chasse-Diable, et comme, lecteur phytophile, tu ne rechigneras pas à t'instruire un brin, voilà pour toi : 
Les termes scientifiques du Millepertuis, « Hypericum », du grec « hyper » = sur, et « ericos » = image, auraient pour origine le fait qu’on peut voir au travers des petits réservoirs de sécrétion translucides des pétales. Nombreuses sont les légendes tournant autour du Millepertuis. Certaines le présente comme né du sang versé par Saint-Jean-Baptiste ou bien d’une plante que celui-ci aurait cueillie sous la croix du Christ. Quant à son nom vernaculaire Herbe de la St-Jean, il remonterait aux Croisades, au cours desquelles il était déjà utilisé comme cicatrisant des plaies par les médecins et les Frères de l’Ordre de Jean, dont le patron est justement St-Jean-Baptiste. Et d’où viennent les « mille trous » ? Du Diable - qui, jaloux de la force guérisseuse de la plante en a transpercé toutes les feuilles avec son aiguillon! Ce que viennent confirmer les points noirs des glandes oléagineuses qui apparaissent sur les feuilles tenues à la lumière comme autant de coups d’aiguille…Les peuples germaniques voyaient dans le suc rouge que les pétales libèrent au frotter le sang de Baldur, divinité du Soleil qui se sacrifiait à la Terre à chaque solstice de l’été. Plus que toute autre, le Millepertuis est une plante solaire faisant partie des herbes magiques du solstice de l’été : trois jours après celui-ci (le 24 juin), il est gorgé de soleil et est au plus beau de sa floraison et au maximum de son pouvoir guérisseur. En effet, c’est à la St-Jean que la lumière du jour atteint son maximum et que les épousailles du Soleil et la Terre battent leur plein. Cette alliance de la lumière avec la terre, de l’esprit avec la matière est fêtée depuis l’aube des temps. Encore aujourd’hui, les feux de St-Jean illuminent chaque année la nuit du solstice de l’été. 
Un autre pouvoir attribué au Millepertuis est de faire fuir les démons, d’où ses surnoms Chasse-diable ou fuga daemonum. Il suffit de l’accrocher comme autrefois au-dessus des portes et des fenêtres des maisons, des écuries et des étables pour détourner l’orage et le mauvais sort…(www.dr.hauschka.com)

Et pour faire bon poids, un autre lien.

Pour moi je vais essayer d'en faire un macérat huileux, efficace contre les brûlures.

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Je travaille sur les petites bêtes, mais les appareils photos sont au bout du rouleau et il m'est difficile de montrer ce que j'ai préparé, la chenille et son cocon, le palmier dattier, les fleurs/support de toile d'araignée (quand j'aurai trouvé comment faire tenir le bousin) etc.
Enfin je pars quelques jours à Paris la semaine prochaine pour embrasser Amadémile, cette fois sans vertèbre cassée ni bronchite, ni côte fissurée (touche du bois MC) mauvais souvenirs de notre séjour de Noël.
Et puis, bonne fille, je partage avec toi le poème mirliton pour faire chanter le grillon et finir le spectacle sur les petites bêtes, écrit les fesses sur une pierre au bord d'un chemin : 

Mais voilà le soir
le petit ver tout nu 
s'est tu
Ecoute... Le grillon chante
c'est l'heure du papillon gris
l'abeille est rentrée à la ruche
la fourmi a posé son colis
Papillon et coccinelle 
ont replié leurs ailes
plus de cigale plus de mouche
chut !
Dans le calme de la nuit
seule la luciole luit
comme un morceau de soleil
qui veille
qui veille
chut, chut, la terre est endormie

et mes histoires sont finies.

(j'ai modifié, trop de répétitions...)

Ca s'appelle écrire avec les pieds.
Reste à l'apprendre... Dans le train, tiens, pourquoi pas ? 
La bise.