Ce sont les oiseaux vaquant, babillant, s'agitant entre les branches encore nues
qui ont mis puce à mon oreille
depuis, chaque jour, quand je m'en vais verser à la cause commune du moment
j'ai nommé pas encore attends ça vient là ça y est - le compost
- Participons à l'effort collectif, que diable ! emportons, touillons et retouillons
Allégeons nos poubelles trions récupérons tout en fermant bien fort les yeux sur la saleté des rues et des campagnes
"il faut le faire pour la planète !" Me disent les enfants d'un quartier - populaire ? défavorisé ? de Nimes qu'année après année j'ai appris à apprécier - quand je les enjoins à ne rien laisser traîner, à utiliser les poubelles ou à garder sur eux les papiers quand il n'y en a pas (ça s'appelle atelier conte si si)
"Non, il faut le faire d'abord pour toi, pour vous, pour nous, pour la beauté" réponds-je, je sais c'est dérisoire ça fait colibri ça m'agace mais c'est plus fort que moi-
Donc
quand je m'en vais verser mon petit saladier d'épluchures au fond du jardin
je guette, épie, balaye des yeux
cherchant du printemps
initiale conquête
la première violette
et là
bingo

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Mais je sais - ce n'est pas raisonnable ? qui a dit que je l'étais- 
que c'est la présence depuis hier de notre petit Prince Emile Ayitevi, le plus beau des petits garçons, te souviens-tu, lecteur aussi rare que précieux, de ce petit fils né juste avant Noël ? 
qui fait s'ouvrir la violette
les crocus en bouquet
et rosir sur la branche 
les boutons frais du cognassier.

Cet enfant, qui aura deux mois demain et en paraît deux de plus, sourit, gazouille et s'émerveille d'une papa-noellerie dégotée par son popette Emile, un traîneau à lumière en plastique du plus bel effet.

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C'est pas Noël ?
pourvu que l'enfant se réjouisse
on s'en fiche.