Passées les rues cahotantes et les vestiges de fantaisie
accompagnée par les rumeurs et les lueurs du village en chantier 

suis montée dans la Mer des Rochers
où, loin des dimanches promeneurs
seule entre le gris, le gris et le sempervirens
dans le fouillis et le désordre ordonné de la garrigue finissante
-à qui la graine d'encre la pistache rouge la baie brillante-
accrochée par la manche agrippée à la jambe et griffée au mollet
les chevilles ballotées aux pierres du chemin
J'ai trouvé en nappes en cascade
en grappes en bouquets
en fruits de perles
les lianes accroche-coeurs
les piques les pointes les aiguilles
et les feuilles
de la salsepareille.

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Dans ma poche, entre la clé de la maison et un mouchoir - toujours emporter un mouchoir, même au bout du monde moi qui n'irai jamais j'emporterai un mouchoir- j'avais emmené, incognito tant et plus incognito qu'elle même ne le savait pas, une camarade blogueuse qui se reconnaîtra, dis, te reconnaîtras-tu ?
Pour la distraire, lui dire que je pense à elle, que jamais grain de raisin, fruit de salsepareille ou pistache odorante ne pourront boucher les trous que font à nos coeurs fragiles la vie, les peines et les douleurs et les chagrins, que plein de trous si ça fait le coeur lourd ça fait aussi de la dentelle, et que, même quand le ciel est gris, la vie est belle.