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Pour apprécier l'étrange et savoureuse accumulation de badauds bobos intellos zonards à chiens papiers gras ordures et marchands de nourriture bateleurs attroupements et marchands de spectacles à nez rouge, à tête de chien, à couettes ou/et à moustaches, poser un pied à Avignon ne suffit pas.
Il faut sauter à pieds joints, ré-apprendre  à nager, prendre la situation à bras le corps et en avant ! Basculons les strapontins, grimpons tout en haut de l'Opéra, traversons les rues désertes et les rues encombrées, marchons à l'ombre et marchons au soleil, marchons, marchons, marchons.
Vu La négation du temps de William Kentridge, mélange savant et loufoque de machines, de films d'animation, de chants, oh les chanteuses ! de musique et de danse oh la danseuse ! sur fond de questionnement sur le temps, une belle réussite et la meilleure façon pour nous de commencer le festival.

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Dans le merveilleux cloître des Célestins, lumière de jour finissant et température de rêve, un souffle de vent arrache aux platanes des lambeaux d'écorce qui se posent sur le décor comme chez eux. Vu Régine Chopinot et les danseurs kanaks du groupe Wetr, habillés par Jean Paul Gaultier (croisé le maître à rayures, présent à la générale).
Les pieds rouges frappent le sol, le gradin tremble, Régine lit, le groupe Wetr danse et chante des chants graves et sonores ou des mélodies suaves comme de vieilles berceuses, on sourit, on frappe dans ses mains, qui a dit que le festival d'Avignon n'était pas populaire ? (On se pose la question du rôle de Madame Chopinot. Faire venir le Wetr à Avignon avec des costumes JP Gaultier ?)
Ajout en réponse à un commentaire : Oui, Chopinot danse, un peu, comme un (joli) cheveu sur la soupe :  beau mais sans rapport avec le reste.
Fini la soirée aux Carmes, autre cloître et autre proposition, Six personnages en quête d'auteur.  A partir de la pièce de Pirandello Stéphane Braunschweig crée un spectacle prenant quoique bavard, à la scénographie moderne et efficace, qui parle du théâtre et de la vie.
Lundi, repos. Presque.
Vu l'exposition de Sophie Calle : Rachel, Monique, à l'église des Célestins, formidable, vénérable et vulnérable lieu. La dame est là, elle lit à voix haute le journal intime de sa mère, morte en 2006, et propose images, textes, photos et girafe empaillée appelée Monique, le tout visité par des spectateurs calmes et attentifs. Ils sont assis par terre, en rond, (on dirait des vieux babas, dit Fidel qui s'y connaît) autour de hauts parleurs qui diffusent la voix de Sophie (on dirait les auditeurs de Radio Londres dans un film sur la guerre, pense Mère Castor) et dont on ne peut démêler si leur recueillement est du à la grandeur ruinée du lieu ou à la proposition unique et culottée de l'artiste.

DSCN4732le cloître des Carmes

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Sophie lit

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l'église des Célestins

Le soir, filons à Boulbon prendre un dernier coup de chaud avec Fidel et le petit appareil photo. Vu la générale de Puz/zle de Sidi Larbi Cherkaoui, un homme qui aime les cubes et les cailloux, qui aime la danse et les danseurs, qui aime la musique et les chanteurs, un travail ou tout s'enchaîne, se fait, se défait, couronné par les voix et les étoiles, une réussite réussie. 

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Aujourd'hui, le Off et les rues bondées. A bientôt ?

Les mots clés des premiers spectacles vus : lire - revendiquer - faire tomber un grand mur - danser - chanter