Vieille bique chiche d’encre et de mots
Ce matin le stylo
N’a voulu ni cracher
Ni écrire que si j’ai
Pris l’eau par les pieds
Ouï les geais
Et la huppe
Je ne suis pas dupe
J’aurais beau
Boire la pluie à la pointe des feuilles
Battre le pavé et des cils
Dans les mares
Embrasser à genoux
Les cailloux
Plus jamais je n'aurai
Ni feuilles tendres ni pousses délicates
Ni fleurs de saison à ma tête blanchie
Mais seulement semelles usées os fragiles et souvenirs fanés
Effrayé par la question banale
Bic magique dis-moi quel sera le jour de ma dernière balade ?
Le vieil avare n’a voulu
Ni lire mon avenir dans les constellations noires
Des innocents têtards
Ni raconter la fuite molle de l’ aigrette
La traque des saints et des autres
Ni évoquer les parfums suaves
Miel thym fleuri garrigue lavée
Et le silence des oiseaux
Mais je sais
Et le stylo sait
Qu’il suffit d’être
De boire par tous les bouts
La vie
Et que la vie
Ce ne sont pas des mots écrits
Au vieux bic par une vieille bique
Sur le papier mouillé
D’un tout petit carnet.

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Sinon ? Je tricotine des queues de souris je berce des chats en peluche je songe à des paupières articulées je branche les étoiles j'accroche des loupiotes j'écris des mots je les rature j'en écris d'autres je couds des rideaux je bosse pour Souris, souris.
En vrai, mon premier vrai spectacle.
Qui a dit : il serait temps depuis que tu nous bassines avec ton soi-disant boulot ? C'est toi, mon lecteur ? Et bien j'applaudis car le lecteur, comme le client, a toujours raison.
Poil au menton.