Victime de la mauvaise saison
L'arbre a perdu comme des cheveux
Ses feuilles
Lugubre il s'est couvert
D'oiseaux noirs, étranges fleurs de cimetière
On dirait qu'en huguenot sévère
Il a renoncé à jamais aux plaisirs de ce monde
Et le voilà pourtant qui mord le ciel
Un nuage pimpant piqué au bout des branches
Grand enfant qui attend impatient
Ses dents nouvelles
Sa jeunesse inspire un chant aux tourterelles
La bourrasque adoucie flatte son bois et sa chair tendre
C'est un mystère, il est pareil et il est différent
Alors qu'en bas le fleuve invente pour les poissons de l'an
Une chanson douce aux reflets dorés
Il s'en faut de peu pour qu'on ôte ses chaussures
Et que, chaussettes en poche,
On aille goûter avant l'heure
A l'eau neuve qui sait compter comme personne
Les orteils, un à un
Jusqu'à dix
Délice.

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Mais il a plu, il pleut encore et toute cette printanerie semble dater du siècle dernier.
Pour passer le temps, Mère Castor, tantôt les mains rouges cirque, tantôt blanches farine, coud des moustaches et des boucles blondes, envisage de construire une cage et un théâtre d'ombre, et quand Vidourle l'impudent aura fini de rugir et de jouir de la pluie, elle ira re-bader sur la berge, effrayer le héron, patauger et dessiner, sur les cailloux aveugles, des yeux.

Cependant, telle une Lilian Gish de village, n'écoutant que son bon coeur (Lecteur, tu ironises et parles de collectionnite aïgue et incurable ? Tsst tsst) elle n'a pas hésité à adopter une bande d'orphelines en plastique qui trainaient jambes en l'air sur le couvercle d'une poubelle.
Depuis elles paradent, essaient des costumes et des bottes et renâclent à aller rejoindre leurs cousins les ours et les crocodiles dans l'antre sombre de la Mère Histoire.

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droites dans leurs bottes
les ingrates.