Elle a mis ses bottes et sa capuche pour voler à Vidourle le vert qui file vers la mer
Des images, des reflets, du bouillon et des vagues
Elle a mis dans sa poche un morceau du trésor infini des berges lavées
Et des cailloux pointus pour faire des ronds dans l’eau
Elle a pris le temps de compter les nuages, les fruits emprisonnés du grand plaqueminier
Les gouttes d’eau ventrues gavées de lumière grise et les cercles parfaits dessinés par la pluie
Elle a planté ses bottes devant un arbre mort couvert de champignons aux langues dévoreuses
Elle a vu sur les tuiles mouillées glisser quelques rayons blancs et malades
Et elle a traversé le village aux rues noires et luisantes comme de grands serpents froids glissant sous ses petites bottes
Qui attendraient, sages et silencieux
Le retour du soleil qui teint le ciel en bleu
Sèche le linge et fait briller les yeux
En fermant pour longtemps les fleurs géométriques
Des tristes parapluies.

6_novembre_014

6_novembre_041

6_novembre_025

6_novembre_034

6_novembre_045

6_novembre_062

6_novembre_069

6_novembre_072

6_novembre_080

6_novembre_099