29 février 2008
Remugles
Au village, à quelques pas
Des nappes nauséabondes s’étendent sournoisement sur la campagne
électorale
L’araignée, ignorante aux mains pleines de fils, tisse
Son œuvre quotidienne, la mission de sa vie
Toute la beauté du monde est là, dans ce moment fragile
Où fil, rosée, soleil naissant s’assemblent
Pour montrer l’éphémère dans sa splendeur futile
Du supermarché elle ne sait rien, s’il faut le poser ici, ou là, ou pas du tout
Sans avis sur le RMI
Employée à l’année dans les faubourgs
D'un village ou la bonneterie fut reine
Elle tricote, tresse, patiente et minutieuse
Son tapis merveilleux
Au loin ça ronchonne, ça reproche
Par amour pour le village on se fusille de mots méchants
Je l’aime plus, je l’aime mieux
Mon amour est plus vieux ! le mien plus authentique !
Il faudrait une échelle, un dosage d’amour
L’araignée aux aguets
Piège une mouche invisible, sa proie fraiche du jour
L’aliment de sa vie courte et laborieuse, qui s’en soucie ?
Un coup de vent, une godasse
Qui passe, il n’en restera rien
Cent fois sur le métier elle remettra ses fils invisibles
Qui lui a appris ?
Nulle grand-mère usée aux poils blancs, aux pattes ridées
Gardienne de traditions, experte en broderies
Elle sait faire et c’est tout
Là haut l’amour s’enflamme, on tire, on pousse, on ressort la grenaille
Les mots qui font mouche
On règle les comptes, on aère les vieilles querelles
Au village
La campagne ne fait pas
Dans la dentelle
28 février 2008
Affut
Les crocs affutés, le regard perçant, Mère Castor enquête
Les traces sont évidentes, incisives
Coups de dent
Copeaux, troncs entamés bordant le petit fleuve
Vidourle, interrogé, répond vaguement : laisse couler
Il ne sort que le soir, quand tu dors
Mère Castor
Mais qui est embusqué là, derrière l'objet du délit ?
Qui surveille alentour, cherchant ses cousins à queue plate ?


Cousins sauvages et vidourlesques
Père Castor vous regarde ! 
27 février 2008
Herbivore
Foin des copeaux et des branchettes
Dans le jardin
Mère Castor emprunte à l‘escargot :
Pissenlit
Cresson de terre
Laitue sauvage, fleurs de romarin
Assaisonnés de soleil
C'était : Mère Castor, Mère Cueillette
Un feuilleton avec plein d'épisodes dedans.
A suivre.
Pour en savoir plus sur les salades sauvages (entre autres) : Le site des Ecologistes de l'Euzière
26 février 2008
Clichés
Elle aurait pu photographier
Les bagnoles
Dévorant l’espace
Sur les places où les vieux blaguent près des enfants qui jouent
Les fenêtres en PVC
Les auto bloquants pavant les rues médiévales
Les gouttières éventrées coulant le long des pierres
Les bagnoles
Passant l’antique Pont Vieux
Les containers : un jaune un vert un bleu
Indifférents aux indéfinissables escoubilles déposées à leurs pieds
Par un lambda de passage ignorant la déchetterie et son classement ultime
Les bagnoles
Bouchant la rue principale
Elle pourrait regretter
Les canettes, les mobylettes, les canettes, les mobylettes, interminable et minable collier
Déplorer
Les tas de ferrailles de l’entrée, les gravats de l’intérieur, les murs écroulés
Les devantures hideuses, toc, peinturlure et vieux rideaux
Les énormes camions, placides éléphants endormis où parfois un chien assis sur le siège avant hurle sa solitude
Les bagnoles
Pissant l’huile
Et les crottes de chien, les papiers sales, les rochers taggués
Pleurer sur l’ennui perfide qui s’infiltre et rôde dans les rues sombres
Et suinte sur la vie du village
Mais quand la frôle
Cette idée drôle
Mère Castor lève la tête, regarde au loin
Admire et admire encore son joli village vertical, imparfait
Parfait de ses imperfections
Mêmes
25 février 2008
La prise de la parole
Sont-ce les cornes grotte-esques ?
Elle a la grosse tête.
Mère Castor, ivre de pouvoir, grisée d’avoir tenu au silence une salle dissipée et joyeuse
S'imagine entamant une nouvelle carrière
Voyez-la, banderille à la main, qui toise son monde
Une orange, une galette, des aiguilles assassines, une fourchette brillante, ils ont tout gobé !
Et encore
Emballée de mener la revue au cours de gym, des yeux dans le dos
Criant le rythme, la saccade militaire
Elle entrevoit ce qu’elle aurait pu être, ce qu’elle pourrait devenir
Se méfie t-on d’une petite dame aux cheveux gris qui rase les murs et ne la ramène jamais ?
On lui propose un jour de boucher un trou sur une liste électorale ? C’est non.
Autant taper haut tout de suite.
Donnez lui un local, elle vous monte une secte.
Ceint d’une armée de marionnettes maitresses d’ours en peluche spécialisés dans la garde rapprochée, son palais de toc et de pain d’épice attirera comme des mouches enfants dociles et parents désemparés.
A sa botte, les petits, gavés de contes et de fadaises, bercés de comptines
A ses pieds leurs ainés, dormant debout, nourris de merveilleux à toute heure
Mère Castor, Dictator ?

Un chat sur les genoux
Un brin de sauge à la main
Mère Castor rêvasse
La carrière, les honneurs, le pouvoir ?
Ni dans cette vie
Ni dans une autre
23 février 2008
Vacheries
Parce qu'il commence à faire chaud
Et que les élections approchent
Une chronique villageoise de l'été dernier.
Qui sera encore valable l'été prochain, peut être...
sans doute.
C’est la fête.
Egayés par les boissons locales, attablés entre copains, les hommes blaguent.
Le verbe haut - seraient-ils sourds ? - entre eux, ils parlent fort une langue entrecoupée de huchement.
Est-ce un vestige du temps où tout homme de ce pays, le soir venu, avait un troupeau à rassembler ?
Quand ils n’ont plus soif, on les lâche dans les rues du village, entourés de barrières, pour qu’ils s’amusent à escagasser des petites vaches noires et sérieuses qui courent plus vite qu’eux, encadrées de chevaux camarguais aux cavaliers de Provence.
Les voilà cow-boys.
Ils courent, crient, tirent une queue noire, escaladent barrières et bord de fenêtre, joie et victoire.
La vache, agacée de ce tumulte, cherche parfois à s’échapper. Elle se réfugie alors dans le café déserté, d’où on la déloge à son corps défendant, les uns tirant les cornes, les autres poussant derrière, sans même lui offrir un coup à boire.
C’est lourd, une vache.
Les animaux rangés, la soif revient. Les émotions sans doute.
Tous au café.
Dans la rue dont le sol bitumé est strié de blanc, il flotte un parfum rustique, mélange subtil de bouse, d’anis et de crottin.
A petits pas, une dame sort alors de sa maison pour aller ramasser avec seau et pelle le précieux crottin et la jolie bouse qu’elle offrira à son rosier.
Une fanfare approximative joue une espagnolade, on entend mugir à la terrasse du café.




Les vaches sont reparties en camion.
A la manade elles paissent, silencieuses, loin de la foule.
Jusqu’à la prochaine fête.
22 février 2008
Le syndrome d'Orphée
Qui donc a marché là
Sur l'eau et sur la pierre
Et quand ?
Quel ogre terrible
Au pas pesant, au pied léger
M'a suivi ? Songe t-elle un instant
Mais, intrépide, Mère Castor reprend son chemin sans se retourner
Les géants ?
C'était avant
21 février 2008
Les Tibétains de Mère Castor
Parce que vous l'avez demandé gentiment
Parce que Mère Castor est partageuse
voilà un lien qui explique bien les cinq tibétains :
http://pages.infinit.net/fdv/physique/tibetains.htm
Mère Castor en a entendu parler chez Raffa.
Curieux comme on oublie vite le blabla qui va avec.
20 février 2008
Blessures
Moins j’entends les oiseaux plus je vois les voisins
C’est depuis qu’on a coupé tes branches, explique Mère Castor au micocoulier
Je me sens tout nu, dit le jardin
On n’ose pas sortir, chuchotent les fleurs
On nous voit mieux, répondent les arbres d’à côté
Le grand arbre muet, privé de feuilles et d'oiseaux, prend des bains de ciel et de couleur
Consolation
Et Mère Castor lui murmure en silence : il te viendra des feuilles bien assez vite, et avec elles les menaces des voisins, ces chasseurs d'arbres.
Le tas de branches ne dit rien.
Il sèche.
Tag ada
Taguée par Mifa : http://tibazar.over-blog.com/ après l'avoir été par Joe : http://joworo.canalblog.com/
Ca fait beaucoup ! alors Mère C s'y colle.
Règles du jeu
- mettre le lien de la personne qui tague
- mettre le règlement sur votre blog
- mentionner 6 habitudes ou tics non importants sur vous même
- taguer 6 personnes dans votre billet en mettant leur lien ( 4 seulement, la plupart des blogs ont déjà été tagués...)
- aller les avertir directement sur leur blog
- Mère Castor, donc : fait tous les matins, vraiment tous, avant toute chose, un petit enchainement appelé : les cinq tibétains, trouvé sur un blog (on ne se refait pas) aussitôt adopté, le tout dans un pièce ni chauffée ni éclairée. Après, la journée peut commencer. Et comme ça depuis trois ans environ.
- Père et Mère Castor aiment les brocantes, surtout celle d'Anduze, où vous pourrez les croiser, presque tous les dimanches. Elle y trouve poupées, personnages et livres, entre autres.
- Mère Castor est une incorrigible gourmande (comment ça vous le saviez déjà ?)
- Elle a beaucoup de mal à garder une montre en état de marche, et a renoncé à en porter malgré son attachement à la ponctualité. Elles finissent toutes par s'arrêter. Premier jour de remplacement à la gym : en entrant dans la salle, elle trouve la pendule arretée. Plus de piles, mais quand même.
- A appris il y a quelques années le chant diphonique, qu'elle pratique encore pour échauffer la voix. C'est à peu près inécoutable et elle ne l'inflige pas à son entourage, mais ça a eu deux effets curieux : Depuis, elle chante juste, ce qui n'était pas du tout le cas avant, et elle est beaucoup plus sensible au chant des oiseaux, et aux sons en général.
- Mère Castor panique si, marchant dans la rue, la voie n'est pas libre là, tout de suite, devant elle. Et c'est dur.
Tagués par Mère Castor :
http://itak2020.canalblog.com/ (des grenouilles)
http://sirenemelusine.canalblog.com/ (des moutons)
http://potomacmicmac.blogspot.com/ (des écureuils...et des livres)
http://400coups.canalblog.com/ (des doigts de fée)













































