31 janvier 2008
Failles et ferraille
Dans la main de Mère Castor
Deux clés
La première, familière et dorée, parle d'avant, le travail, le bureau.
Cinq ans elle a dormi au fond du cartable
Rarement utilisée, indispensable.
Tout ça est loin, derrière, et son registre a changé : C'est une clé à la Barbe Bleue.
Une clé de passage : à donner en temps voulu. Ne pas utiliser.
La seconde, hasard de calendrier, étrange constellation, ouvre un lieu associé jadis à la possession de la première.
Celle-la cliquète, elle a des copines, c'est la clé de la gym.
C'est un clin d'œil du passé, une conjonction de fortune qui lui remet en main ces deux objets de pouvoir, d'action, liés autrefois par un travail qu'elle n'a plus.
Chez les clés, retrouvailles : Qu'est ce que tu deviens ? Et l'oranger ? Les toiles d'araignées ? L'odeur de moisi...
Dépannage, coup de main, service rendu.
A Mère Castor, on donne à garder
A re-garder les clés
Le porte-clés, très occupé, gonfle d'orgueil
C'est du métal de souvenir
De la ferraille
Rien à venir

Dans la main de Mère Castor, froides
Deux clés
30 janvier 2008
dur dur d'être un oeuf
Les biscuits orange / chocolat
Comment Mère Castor occupe son temps libre quand
elle a :
2 œufs
60 g de sucre en poudre
60 g de farine
1 cuillère à café de levure
2 grosses cuillères à soupe de marmelade d'orange (fait maison par Mère Castor)
le jus d'une moitié d'orange
100 g de chocolat noir
Et le chat dans les pattes.
Séparez les blancs des jaunes d'œuf.
Dans un saladier, commencez à battre les blanc en neige, à mi-chemin, ajoutez le sucre.
( Séparés puis battus, pauvres œufs, pas un mot à maman poule, elle en ferait tout un plat)
Battez le tout en neige ferme, ajoutez les jaunes et continuer à battre quelques instants.
Ajoutez la farine tamisée avec la levure, mélangez délicatement, étalez le plus régulièrement possible la pâte obtenue sur une plaque à four garnie d'un papier cuisson légèrement beurré.
La cuisson se fera à four chaud, thermostat 6, entre 12 et 15 minutes, surveillez du coin de l'œil la cuisson, ça doit dorer très légèrement.
De l'autre œil et de vos deux mains, faites chauffer dans une petite casserole la marmelade et le jus d'orange, arrêtez le feu dès l'ébullition et passez le tout au mixer.
C'est le moment où le chat quitte la cuisine, à cause du bruit.
Dès que la plaque sort du four, en évitant de vous bruler, coupez à l'emporte-pièce (un rond chez Mère Castor, ça fait moins de chutes) des biscuits, posez-les sur une grille et recouvrez-les chacun d'une cuillerée à café de marmelade.
Faites sortir le chat revenu entre temps (il n'a que ça à faire) attiré par l'odeur.
Laissez refroidir et reposer.
Faites fondre alors le chocolat au bain marie, puis nappez délicatement chaque biscuit d'une couche fine de chocolat fondu.
Laissez durcir le chocolat.
Et voilà.
Les chutes iront au chat, merci pour la compagnie.
Ça vous semble compliqué ?
Laissez tomber, aller acheter un paquet de pim's.
C'est (presque) pareil
Quant à la quantité : juste de quoi remplir un grand plat rond.
Bonus du mercredi :
Ce n'est pas le dimanche des Rameaux avant l'heure
Non plus un présentoir à dinette
Ça n'a rien d'un joujou pour le chat
Ce n'est pas un égouttoir à vaisselle
C'est Mère Castor
Qui joue avec Lila
29 janvier 2008
Safran Soufre Cendre
En gants bleus et bottes rouges, Mère Castor vadrouille
C'est un matin jaune
Souriant et prometteur
Avec envol de héron
Oiseaux à gorges rouges, craquements de pies
Vidourle paisible, glouglou et bulles de glace
Le soleil se lève en gloire
Mais à sa suite, immédiats et pressants
Cavaliers de l'ombre, soldats gris, nuages victorieux
L'ont rattrapé et englouti
C'est un matin jaune
Ciel d'or
Ciel gris
28 janvier 2008
Normal puisqu'on est des lapins
Farceur, farci, rôti, chasseur, à la moutarde, dans les choux
Voleur de carottes
Eternel rongeur
Petit et rond, la queue en pompon
Blanc et ganté, pressé par le temps
Au clair de la lune, trois petits lapins
Qui mangeaient des prunes...
Il est mignon et délicieux

En grand nombre
Les yeux vides
Envahissant
C'est du doudou grandeur nature
Il squatte les fauteuils, je me mets où ? Qu'est ce que j'en fais ?
Les derniers arrivés n'auront rien vu, tant pis pour eux
La dame indifférente
aux lapins préfère
Le canard
(Festival d'Avignon, Berlin - Roméo Castellucci)
27 janvier 2008
léger
Est ce le Mistral
Ou la Tramontane
Qui a si bien nettoyé
Le ciel du matin
26 janvier 2008
les bricoles de Saint Christol
Un roi, une armée, une bergère
Une ronde de cygnes blancs
Des livres d'animaux
Un vieux carnet écrit à la main :
Côté pile, comment tricoter des chaussons de bébé, un paletot
Côté face, des poésies : Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant...
Des petits boutons de nacre
Et quelques oripeaux
Retour de Saint Christol
Sourire du matin
Quelques bricoles et trois fois rien
25 janvier 2008
trou d'eau
(...)
J’accepte.
Un trou dans le sable : l’eau est croupie, couverte de paille macérée et
autres détritus, - y compris les obligatoires crottes de moutons, bien
entendu ; tout autour, sagement alignés, pattes étendues, au ras du
liquide et le derrière dedans, tout un parlement de crapauds : « Non
merci, je t’assure, je n’ai plus grand soif… En tous les cas, bois le
premier. » Mon guide, entré dans le puisard, de l’eau jusqu’aux genoux,
écarte de la main les débris de paille et se met à laper.
-« A
toi, maintenant.» - Après tout, pourquoi pas ? Je suis descendu à mon
tour ; triple résultat : d’abord ça m’a lavé les pieds, ensuite, j’ai
bu, enfin j’ai cueilli des crapauds pour ma collection.
Théodore MONOD Méharées.
Pour ces lieux où elle n'ira jamais
Ces temps qu'elle n'a pas vécu
Ces gens qu'elle ne connait pas
Ces Animaux plantes pierres montagnes et mers
Lointains, inconnus, terribles et pleins de charme
Et les tremblements du cœur, les saccades, bonheurs et souffrances des corps, les errances de l'âme
Tempêtes vents de sable neige piquante sable d'or
Mère Castor plongée dans les
livres
Brindille après brindille
Et page sur page
Construit un monde
Le sien
24 janvier 2008
une maille à l'endroit
Il était une fois
Une maille à l'endroit
Une petite grand-mère
une maille à l'envers
En pleins préparatifs
Avec une orange une pelote de laine
Des falbalas
Et le délicieux souvenir de sa grand-mère
Mère Castor tricote
Une espèce
Une sorte
Un genre
De spectacle de contes
Et voilà que là
Taratata
On parle grand mère, laine et kitscherie


A belle occasion
Mère Castor
Répond
traduction
Demande au goéland de passage
Au héron, le maitre des lieux
Interroge la poule d'eau et le canard
L'aigrette, virgule blanche
Questionne la timide grenouille
Ils te répondront tous
En langues animales :
C'est du bruit en silence
Et ça s'écrit
23 janvier 2008
Fesses d'acier, cuisses de béton
Défense de rigoler
A partir de lundi
Finis glamour et paillettes, accent charmant
Silhouette de rêve et costumes bariolés
Aline file à Bali
Ah les cocotiers Oh les clochettes
Et la gym, c'est pour qui ?
Pour la Mère Castor
Et la ménagerie :
Le chien qui regarde en bas, celui qui regarde en haut
La grenouille, la vache, le chat et le pigeon
Le cobra bien-aimé
Le bestiaire du yoga
Plus de fond de la classe, collée au radiateur
A elle encens, bougies roses, loupiotes
Miroir et feu de la rampe
Compter jusqu'à dix ne rien oublier
Surtout que personne ne se blesse
Le premier qui rira
Une tapette
Aura






























