31 décembre 2007
le premier
Janvier : le temps est aux rois, à la galette, aux couronnes de papier.
Au pays de Mère Castor, on aime alors manger une brioche en couronne, garnie de fruits confits brillants comme des joyaux, qu'on appelle un royaume.
Quant à l' année qui commence que sera t-elle ?
Qu'allons nous écrire dans l'agenda tout neuf ?
Mystère et boule de gomme.
29 décembre 2007
Santé !
Ne cherchez plus la Voie Lactée.
C'était une nuit glacée à ne pas mettre un chien dehors.
Silence gris, blanc, bleu profond.
Imprudente, elle s'est approchée
S'est regardée, admirée, si près...
Comme elle frôlait la surface muette, son miroir d'un soir
Vidourle l'a avalée, d'un coup
Cul sec.
Tchin !

Vois-le, Mère Castor
Comme il fait le beau
Ce voleur
D'étoiles
Bleu
C'est un éblouissement.
un morceau de ciel qui rase l'eau, plonge, gobe un poisson, repart aussitôt sifflant son chant aigu et profond.
Une flèche d'azur, un bonheur fugace.
Sérieux et prudent, il est aussi discret que ses couleurs sont éclatantes
(ça existe donc, un bleu comme ça ?)
Pas faute d'essayer, Mère Castor, mais de photo du martin pêcheur, point.
Il est trop rapide, elle est trop lente.
Question de plume, sans doute.

Et c'est ainsi que
Mère Castor se console.
Comme elle peut.
27 décembre 2007
pouce
Il est le plus petit et le plus sage
Il ne dort pas, il écoute
On parle de famine
D'une forêt d'où on ne revient pas
Il ne dort pas, il ramasse
Des cailloux blancs comme la lune
Il est le plus petit et le plus sage
Il ne dort pas, du haut de l'arbre il voit
La maison de l'ogresse
Le repaire de l'ogre
Il est le plus petit et le plus sage
Il se faufile et il se glisse
Il ne dort pas, il entend
L'ogre dévorer ses filles
Puis
Ses bottes aux pieds, plein de courage
Il sauvera sa vie, ses frères, sa reine
Il est le plus petit et le plus sage
Celui que jamais
L'ogre ne mangera.
26 décembre 2007
petits pas
Elevés en plein air
Avec Michka, Marlaguette et Boucle d'Or
Grandis à la soupe, au bouillon
Tarte aux pommes et confitures
Tricots maison et jouets en bois
Bains de mer, chansons douces et robe qui tourne

Un pas, un autre, et voilà
C'est le trésor de Père et Mère Castor
23 décembre 2007
A la sainte Adèle, vin chaud et cannelle
- Oh ! Dit-elle. C’est en Egypte, à l’ombre de la grande pyramide que Saint Joseph, pendant que l’âne broutait, disait à la sainte Vierge : « Mon cher cœur, ne voulez-vous fermer les yeux un instant et penser que je suis le Saint Esprit ?"
Karen Blixen ( Sept Contes Gothiques.)
Et le petit enfant se mit à rire, à rire !
On ne sut jamais si c'était à cause de la blague douteuse sur ses parents
Ou de l'agneau qui lui chatouillait les pieds
Mais, quand son rire de cristal monta au ciel, celui ci, ébloui, l'attrapa et en fit sur le champ une étoile si brillante, si belle, que tous ceux qui la virent en furent touchés à jamais.
On raconte qu'alors certains rois, désœuvrés et un peu rêveurs, emportèrent à l'enfant l'un de la farine, l'autre du beurre et le troisième des amandes, qu'ils en firent une galette dans laquelle ils cachèrent un éclat d'étoile pour nourrir l'enfant précieux.
Enfin si vous aimez les gâteaux, les étoiles et le merveilleux, lisez la belle histoire de Smith de Grand Wootton. Vous la trouverez là :
C'est un enchantement.
pommes d'amour et perles d'un jour
Des vieilles fleurs viendront les jeunes fruits aux joues roses, au sang neuf.
Aujourd'hui c'est tout rouge chez Mère Castor.
Ni de colère, ni de honte,
Rouge parce que rouge.
Quant à toi, ami lecteur qui, dans tes errances googlesques, à la recherche de "mer de famille à poil" est arrivé ici, ne soit pas trop déçu.
En effet, si tu regardes attentivement les jolies gouttes, tu pourras voir un reflet de la Mère Castor,veinard ! et en regardant mieux encore (as-tu de bon yeux, mon jeune ami ?) tu constateras qu'en effet, la mère Castor a du poil aux bras.
Ainsi tu n'auras pas perdu ton temps.
Ah, une dernière chose : mon amie la mer n'a pas de famille, elle a bien du pétrole, des saloperies en tout genre, un poisson par ci par là, une tortue mangeuse de sac plastique, un bateau en détresse...
Mais de poil, je ne lui en ai jamais vu.
22 décembre 2007
Adoption
Regards innocents, coiffures baroques, chaussons mutins et teint de pêche : le coup de foudre fut immédiat.
Il me les faut ! Pleura intérieurement la Mère Castor, les mains tendues vers le joli couple qui se gelait dans un carton en compagnie d'autres horreurs poilues.
Ecoutant son bon cœur et la proposition raisonnable du vendeur, mère Castor adopta aussitôt les pauvres innocents.
Sont-ils baltes ? (Ne demandez pas à mère Castor où est la Baltie, elle est nulle en géographie)
Hollandais ? (En ce moment Mère Castor est portée sur les sabots, ça lui passera)
Suédois ? (Des compatriotes de Selma Lagerlof, la classe )
Elle eut beau les questionner, les retourner dans tous les sens (même pas de made in china) ils sont restés muets.
Puis, elle a soulevé les jupes de la dame.
Là où aurait du se trouver un jupon en dentelles, un caleçon à fleurs, une touche coquette et désuète, quelque chose de charmant...
Il y avait ça :
La demoiselle est-elle suppôte de Poutine ? Agent double ? Peut-elle, malheur ultime, déclencher une bombe à distance et à neutrons ?
Mère Castor, en ton sein, réchaufferais-tu une vipère ?
La prochaine fois, avant d'adopter, penser à soulever le jupon.
On ne sait jamais.
Si quelqu'un parmi mes chers lecteurs sait déchiffrer ce mystère, il en sera remercié, tiens, par un post à sa gloire. Si.
Le pied marin
21 décembre 2007
Et de Cinq : Sauve, la dissolution
Dernier spectacle, Sauve. L'incroyable se produit :
Son dernier mot a peine prononcé,
Mère Castor s'évapore, s'évanouit, bref, disparait
Laissant comme orphelins nounours et lutins, grand-père et grand-mère.
Epatés, les enfants n'ont pu que constater :
Mère Castor est une grande magicienne, d'elle il ne reste que son soulier.
Revenant lentement à elle, pendant que les petits diables remplissaient la cour de papier froissé, sous prétexte qu'un faux barbu leur avait distribué des cadeaux,
Elle a serré les ours et les trolls dans ses bras :
Vous avez été formidables ! Si ! Si ! Merci ! Merci ! Quelle équipe, quelles équipées !
Les trolls, babas, pour fêter ça ont fini la bière du fermier.
Or, troll qui boit se multiplie. Si.
Voit-il double ? Qui le sait ? mais assurément il se dédouble.
Déjà que l'atelier est trop petit pour Mère Castor
Et ses rêves de grandeur
En carton.
(Merci Hélène pour ces photos, et pour les autres aussi)
















